Article #3 du journal de Froggy

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Le facteur stress : au service ou dépens de la mémoire ?

Vous qui connaissez maintenant Froggymouth vous avez peut- être été surpris par la référence constante que nous faisons au stress, élément qui n’est évoqué dans aucune des autres publications faisant référence aux apprentissages.

Là encore c’est initialement la clinique qui nous a guidé dans cette voie.

Comment un enfant IMC profond peut avec ses difficultés motrices modifier ses praxies linguales dans des délais aussi brefs ?

Un deuxième cas concerne un enfant de deux ans présentant un lymphangiome de la partie postérieure de la langue et des multikystes au niveau pharyngé entrainant une posture linguale en protrusion permanente, comment peut-il en moins de 5 minutes réagir aux stimulations provoquées par le port de Froggymouth ?

On aurait plutôt tendance à considérer que le stress est un élément négatif dans le processus d’apprentissage, de nombreux travaux ayant été publiés dans ce sens.

Un stress chronique suractive l’axe HPA (hypothalamus, glande pituitaire et adrénaline), ce qui peut créer une atrophie des dendrites dans ces structures, altérer la plasticité́ synaptique et diminuer la sensibilité aux neurotransmetteurs (Joëls et al., 2006). Un stress prolongé nuit aux structures responsables du fonctionnement normal de l’individu et aussi à la possibilité d’apprendre puisque les connexions sont atrophiées.

Mais il y a aussi un effet positif du stress et le blog d’Olivier Bégin-Caouette ainsi que les travaux de Freddy Jeanneteau, chef de l’équipe « Stress, hormones et plasticité » à l’Institut de génomique fonctionnelle (IGF) de Montpellier nous éclaire sur cet aspect.

Kim, Lee, Han et Packard (2001) précisent que le stress est un facteur qui agit sur la plasticité synaptique et le fonctionnement de l’hippocampe, structure responsable du stockage.

Une recherche de Joëls, Pu, Wiegert, Oitzl et Krugers (2006) propose une analyse fort intéressante, les auteurs ont mis en lumière le fait que le stress facilite les mécanismes de la mémoire seulement quand il était ressenti au moment où l’organisme doit mémoriser l’événement et seulement lorsque les hormones et les neurotransmetteurs activent les mêmes réseaux que ceux qui sont activés par l’apprentissage.

Donc, il est primordial qu’il y ait convergence dans le temps et dans l’espace entre l’apprentissage et la cause du stress. Il faut retenir que l’ensemble des effets positifs du stress qui suivent, le sont dans la mesure où le stress ressenti par l’organisme renforce les connexions de l’apprentissage et pas celles reliées à un autre événement.

Le stress semble avoir un effet renforçateur sur les connexions neuronales. Shors (2004) montre que cet effet se manifeste au niveau macroscopique. Ceci est dû au fait que les hormones minéralocorticoïdes jouent un rôle dans l’ensemble des tâches qui caractérisent la consolidation (Zorawski et al., 2005). Ainsi, ces hormones similaires à la cortisone agissent directement dans l’encodage, l’intégration, l’attention sélective, l’efficacité cognitive, tout cela permettant une consolidation en mémoire plus forte.

Le stress libère de la noradrénaline, des peptides et des corticostéroïdes qui génèrent une plus grande activité des neurones de l’hippocampe (Joëls, Pu, Wiegert, Oitzl et Krugers, 2006).

Toutes ces conditions sont réunies lorsque l’enfant utilise Froggymouth lors des toutes premières fois. L’absence d’un joint d’étanchéité interdit le déroulement de la séquence motrice de la succion déglutition d’où un stress majeur au niveau du tronc cérébral, la déglutition étant une praxie vitale. Fort heureusement l’enfant regardant son programme sur l’écran de télévision ne se rend compte de rien mais les process décrits précédemment se mettent en route. L’inhibition de l’activité du nerf facial va favoriser l’activation du trijumeau, permettre l’occlusion dentaire et le rapprochement du dôme lingual et de la voûte palatine facilitant la découverte et l’engrammation de la déglutition de type sujet denté.

Nous sommes bien là dans la concomitance entre la cause du stress et l’apprentissage d’une nouvelle procédure.

Dr Patrick Fellus

Biographie :

Shors T.J. (2004). Learning during stressful times, Learning & Memory. 11, p. 137-144

Kim, J.J., Lee, H.J., Han, J.-S. & Packard, M.G. (2001). Amygdala is critical for stress-induced modulation of hippocampal long-trem potential and learning, Journal of Neuroscience, 21(14), p. 5222-5228.

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